PDU au diesel

Groupe "Territoires"

APCVEB: Groupe "Territoires"

Article | 9 mai 2011, par François SAINT PIERRE

Cet article est extrait de la lettre annuelle 2011, distribuée à l’ensemble des balmanais avant l’Assemblée Générale.

Le Plan de Déplacement Urbain engage pour les 10 ans à venir la politique des déplacements de l’agglomération toulousaine. Dans le document proposé à la concertation par Tisséo, on peut lire la volonté d’accorder la priorité aux
transports en commun et aux modes doux. Ce choix est accompagné par l’adoption quasi simultanée d’un Schéma de COhérence Territoriale, qui adapte l’urbanisme à cette priorité en augmentant très nettement la densité dans les
zones où les transports en commun sont déjà existants ou prévus à brève échéance. Cependant les difficultés à trouver un financement à la hauteur de l’enjeu, en raison de la dette liée à la construction de la ligne B du métro, ont conduit à revoir à la baisse les investissements initialement envisagés.

Certains projets de métro ou de tramway se sont donc transformés en Bus à Haut Niveau de Service. Malgré les déclarations optimistes sur le maintien de l’ambition, il est difficile de croire que le service rendu est identique. Plus inquiétant, cette stratégie ne permettra pas de baisser significativement les coûts d’exploitation du réseau de transport en commun qui sont bien trop élevés, de baisser sérieusement les émissions locales de CO2 liées aux déplacements (émissions locales des tramways : 3g de CO2 par voyageur et par kilomètre, des bus : 132g et des voitures : 206g) et d’améliorer notablement la qualité de l’air. Si les investissements importants constituent un effort financier au départ, ils s’amortissent sur la longue durée et se révèlent à long terme, économiques et écologiques.

Les contraintes budgétaires sont effectivement compréhensibles dans cette période de difficultés économiques, on peut cependant regretter que les efforts
entrepris ne permettent que de stabiliser la situation, en effet la baisse en pourcentage de l’usage de la voiture sera largement compensée par l’augmentation en valeur absolue de leur usage du fait de l’augmentation du nombre d’habitants et de l’augmentation de la longueur de chaque
déplacement. La ville centre, grâce à sa densité, peut envisager l’avenir avec sérénité, tant du côté du vélo que de celui des transports en commun. Par contre le projet de PDU, proposé aux 118 communes de l’agglomération, ne peut enthousiasmer les zones périurbaines. L’offre de transport sera, malgré les efforts, largement sous-dimensionnée par rapport aux besoins, ce qui entrainera inévitablement une saturation des voiries aux heures de pointes et le cortège de nuisances qui va avec.

La frilosité en termes d’équipement n’est pas compensée par la volonté de valoriser les comportements vertueux. Pourquoi ne pas s’engager à faire des aires de stationnements pour le covoiturage, à réserver une voie pour le covoiturage et les bus sur la rocade, à généraliser les zones de rencontres et
les zones 30, qui rendent les déplacements à pied bien plus agréables ? Pourquoi ne pas faire une politique énergique en faveur du vélo, comme beaucoup de métropoles européennes ? Relier les communes de la première couronne au centre ville par des "autoroutes cyclistes" fortement
sécurisées, faciliter l’usage du vélo par un nouveau code de la rue, développer les pistes cyclables sans ruptures dangereuses de leur continuité, aider fortement les associations qui facilitent la pratique du vélo sont des mesures peu onéreuses, mais qui pourraient permettre au Grand Toulouse de réaliser son engagement d’atteindre d’ici 2020 une part modale pour les déplacements en vélo de 15%. Pourquoi ne pas s’engager plus avant dans la création d’un périphérique ferroviaire qui pourrait permettre de mieux articuler les déplacements urbains et interurbains ?

La ville doit remplir ses principales fonctions économiques, mais tout en respectant le plan climat, ce qui revient à maintenir une bonne qualité de l’air et à économiser l’énergie. Ce projet de PDU est trop timoré par rapport à
l’importance des enjeux, il est indispensable de le "muscler" avant de l’adopter.

Sujets associés

2011 - Plan des déplacements urbains
Déplacements
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