Qu’est-ce qu’un Agenda 21 local

Gouvernance

APCVEB: Gouvernance

Article | 30 janvier 2006, par (extrait de presse)

On peut définir l’Agenda 21 local comme un projet de territoire à long terme, traduit dans un document stratégique qui se décline en programmes d’action opérationnels. Ces derniers sont soumis à une évaluation régulière, en concertation avec l’ensemble des parties concernées. Le projet résulte d’un large débat organisé à l’échelle du territoire (commune, agglomération, pays...). Il vise le développement du territoire en misant sur la recherche de convergences entre performances économiques, sociales et environnementales. Il constitue un cadre pour l’action à 10-15 ans.

Cet article a été publié par Emmanuel Arnaud sur le site novethic.fr.

L’Agenda 21 local, dans quel but ?

Du point de vue de l’ONU, les collectivités locales sont un relais essentiel de sa politique de développement durable, appelée Action 21 : « Les problèmes abordés dans Action 21 qui procèdent des activités locales sont si nombreux que la participation et la coopération des collectivités à ce niveau seront un facteur déterminant pour atteindre les objectifs du programme. (...) Elles jouent, au niveau administratif le plus proche de la population, un rôle essentiel dans l’éducation, la mobilisation et la prise en compte des vues du public en faveur d’un développement durable. »

Du point de vue des collectivités locales, l’Agenda 21 peut avoir de nombreuses fonctions : instrument de planification à long terme, instrument de dialogue et concertation avec les citoyens, instrument de sensibilisation et de pédagogie...Si l’utilité et l’utilisation de l’Agenda 21 dépendent essentiellement de la volonté politique qui le porte, il a été créé pour faciliter la prise de décision concertée, et permettre l’appropriation par les habitants des solutions adoptées, et ainsi gagner leur adhésion.

L’Agenda 21, quelles thématiques locales ?

En théorie, l’Agenda 21 devrait aborder l’ensemble des thèmes du développement durable, qu’ils soient de nature économique, sociale ou environnementale. Force est de constater que dans la réalité les thèmes abordés varient grandement d’un Agenda 21 à l’autre, certaines collectivités se concentrant avant tout sur leurs problématiques majeures, comme l’emploi ou l’insécurité, et cherchant ensuite à élargir le spectre de leurs préoccupations, d’autres cherchant à embrasser du premier coup l’ensemble des thèmes. Quoi qu’il en soit, une constante des Agenda 21 est la participation des habitants, conforme aux principes d’une démarche développement durable.

L’agenda 21, quel suivi ?

L’élaboration d’une grille d’indicateurs de suivi et d’évaluation est indispensable pour identifier les efforts à réaliser et mesurer les progrès obtenus, étape par étape, en termes économiques, écologiques, sociaux et culturels. La sélection des indicateurs pertinents s’effectue avec les services techniques des collectivités et avec la société civile associée à la démarche. Elle tient compte des enjeux et des objectifs de l’Agenda 21. Si les indicateurs « photographiques » sont indispensables (ex : volume des déchets dans la commune), ils doivent être assortis d’indicateurs dynamiques, permettant le suivi à un an, à cinq ans ou plus. L’accès des habitants aux indicateurs est essentiel : le tableau de bord en mairie et sur Internet est une condition de l’implication de la population et des acteurs territoriaux.
Chaque territoire construit son tableau de bord, en fonction de son patrimoine et de ses engagements et axes prioritaires. Aujourd’hui, ce sont essentiellement les données environnementales qui sont évaluées. Par ailleurs, quelques collectivités se sont engagées dans la construction d’indicateurs mesurant l’efficacité des politiques de lutte contre la pauvreté, d’accès des habitants aux biens essentiels, de participation à l’Agenda 21 ou de coopération internationale...

Quel financement de la démarche ?

Il n’y a pas de modèle unique de financement de la démarche d’Agenda 21, et celui-ci repose souvent pour la plus grande part sur le budget de la collectivité qui le porte. Toutefois, il existe certaines aides :
- le Ministère de l’Ecologie et du Développement Durable réalise des appels à projets, dont les lauréats reçoivent des aides financières,
- de nombreuses régions offrent des aides, parfois en partenariat avec l’ADEME,
- la procédure ATEnEE de l’ADEME (voir guide pratique) permet de financer le relais environnemental de projets de territoire, dont certains s’inscrivent dans une démarche Agenda 21.

Sujets associés

Gouvernance locale
Agenda 21
Balma