Toulouse Métropole à l’heure du développement durable

Groupe "Territoires"

APCVEB: Groupe "Territoires"

Article | 28 avril 2013, par François SAINT PIERRE

Soirée-débat le lundi 13 mai 20h45, salle de réception du stade de Balma, avec le Café Politique. Entrée libre. Invitée : Alice Rouyer, maître de conférences en géographie et aménagement, Université de Toulouse - Laboratoire LISST Cieu / Labex SMS.

Au cœur d’une aire urbaine de 1,2 million d’habitants, Toulouse Métropole en croissance économique et démographique doit faire face à de nombreux enjeux.

  • Devenir une métropole européenne économiquement compétitive. Cela impose une adaptation de notre système productif aux nouvelles conditions énergétiques et environnementales même si la prospérité économique durable reste à définir.
  • Transformer rapidement et en profondeur la manière de faire de l’urbain. L’époque de l’usage intensif de la voiture est révolue. Le modèle pavillonnaire ne permet plus d’organiser un système de déplacement efficace et peu polluant. L’absence totale de volonté de maitrise du foncier conduit à un gaspillage des meilleures terres agricoles et à une mauvaise organisation spatiale du territoire.
  • Organiser le dialogue entre les multiples instances administratives et sociales qui jouent un rôle au niveau de la métropole. Les synergies traditionnelles entre ville et campagne, entre Toulouse et les communes périphériques, et celles entre la métropole et les villes moyennes proches doivent être toutes repensées dans un souci de meilleur équilibre.
  • Veiller à la justice sociale notamment en contrecarrant les tendances à la ségrégation territoriale.
  • Clarifier le rôle des élus municipaux dans la gouvernance désormais indirecte de la métropole et faire émerger rapidement une démocratie participative métropolitaine exemplaire pour atténuer le sentiment d’éloignement du citoyen par rapport aux lieux de pouvoir. La création de la métropole est une nécessité en terme d’efficacité organisationnelle, mais elle ne doit pas se traduire par une perte démocratique.

Il devient impossible de mener une politique "au fil de l’eau" car les contraintes sur le logement et les transports sont devenues très fortes. Même si le développement durable peut être vécu comme une contrainte supplémentaire qui, par son côté normatif lié au respect de l’environnement ou par la prise en compte d’infrastructures spécifiques (déplacements, gestion de l’eau, …), majore les coûts des grands projets urbains, il est totalement illusoire de penser pouvoir continuer comme avant. Les compromis qualité / densité / coût unitaire doivent être clairement débattus.

Plan climat, plan de protection de l’atmosphère, schéma régional de cohérence écologique, plan régional santé environnement, agenda 21, autorité organisatrice de l’énergie et bientôt de la mobilité, etc. Toutes ces démarches, souvent accompagnées par une forte mobilisation des associations et des citoyens, ne sont pas la preuve que le développement durable est au cœur des processus décisionnels. Les analyses médiatiques, souvent superficielles, confortent les pratiques politiques et administratives qui segmentent les problèmes. Au contraire, le développement durable impose de penser en simultané l’économique, le social et l’environnemental. Un travail indispensable, mais difficile car les interactions sont souvent très nombreuses comme dans les problématiques du transport et de l’urbanisme.

Le développement durable n’est pas que le respect de règles écologiques ou l’application d’un programme d’actions proposé par les politiques et accepté par les populations. C’est aussi un mode de gouvernance qui implique une participation importante des citoyens à l’ensemble des processus de décision et de contrôle. Construire à toutes les échelles la politique des territoires avec les habitants est une nécessité qui doit s’articuler avec notre tradition de démocratie représentative.

“Demain, nous devrons léguer aux générations futures un territoire plus dynamique et plus harmonieux” affirme le site de la communauté urbaine. Pourtant, comme pour la dette financière, en cette période de récession économique, la tentation est grande de reporter les efforts à plus tard... il est au moins temps d’en débattre.

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