Campagne de mesure de la qualité de l’air en Septembre 2002

Groupe "Territoires"

APCVEB: Groupe "Territoires"

Article | 12 mai 2004, par Renaud LAURETTE

Suite à la campagne de septembre 2002, une première version courte de cet article était parue sur notre site. Nous avons souhaité vous donner plus de détails sur les différents résultats, à la lumière du rapport de l’ORAMIP. Ce rapport nous a été confié par la municipalité de Balma, dans le cadre des échanges que nous avons eu avec elle pour l’organisation de la campagne de mesures. Nous tenons à la disposition de nos adhérents des résultats plus détaillés.

Balma dispose d’une station fixe de mesures de l’ORAMIP. Cette station relève mensuellement le niveau de l’ozone qui ne présente, sur notre commune, rien d’alarmant.

En 2002, notre association a obtenu de la municipalité qu’elle engage une campagne de mesure plus complète auprès de l’ORAMIP. C’est ainsi qu’une station mobile a stationné du 13 au 23 septembre 2002 en centre ville, face à l’église, afin d’évaluer la présence des autres polluants que sont les micro-particules, le dioxyde d’azote, et le dioxyde de soufre notamment.

La semaine choisie pour cette campagne est riche d’enseignements, car elle incluait la "journée sans voitures" du 22 Septembre, ce qui a permis, compte-tenu de l’emplacement de la station au coeur de la zone fermée à la circulation, d’évaluer la contribution du trafic automobile à la pollution de l’air sur notre commune.

Le monoxide de carbonne

Les mesures de monoxide de carbonne restent globalement faibles sur la période. On observe un niveau de concentration moyen inférieur de moitié environ à ceux relevés à St Cyprien, Rue de Metz et rue Pargaminière. En revanche la concentration est double de celle de Colomiers.

L’évolution des taux en fonctions des heures de la journée fait clairement apparaitre l’influence du trafic routier en centre de Balma, avec un pic dans la tranche 7h-9h et une remontée à partir de 17h30.

Aucune influence de la journée sans voiture n’a pu être mise en évidence, en raison des faibles concentrations relevées au cours des deux dimanches de la campagne.

Même si ces niveaux restent très en dessous des concentrations préconnisées par l’OMS, ces relevés montrent clairement ce que les habitants de Balma auraient à gagner d’une moindre circulation en centre ville.

Le dioxide d’azote

Pour ce polluant également, la concentration moyenne sur la période est de l’ordre de celle de Colomiers, et inférieure de moitié à celles observées au centre de Toulouse.

La variation de la concentration au cours de la journée n’a pas été rapportée par l’étude. On peut toutefois imaginer qu’elle soit comparable à celle du monoxide de carbonne, si l’on en juge par la réduction de 64% observée netre la journée sans voiture (un dimanche) et le dimanche précédent.

En projetant sur l’année les résultats obtenus au cours des deux semaines, notamment par comparaison avec Colomiers, on peut estimer que la concentration moyenne soit d’environ 20 micro-grammes par m3 soit la moitié de l’objectif de qualité annuelle fixé par la loi sur l’Air.

L’ozone

La concentration relevée varie essentiellement avec l’ensoleillement, combiné au taux de monoxide d’azote, ce dernier faisant chuter la concentration d’ozone. Le minimum est donc atteint vers 7h, tandis que la maximum est obtenu vers 15h.

L’influence permanente du trafic se fait sentir en comparant les taux de la station mobile àç ceux de la station fixe de la rue des arènes. Cette dernière offre un taux d’ozone de 25% supérieur à 15h, car moins influencé par la présence de monoxide de carbonne.

Concernant la legislation sur l’air, on notera que la marge est ici bien plus faible, d’autant que le mois de Septembre n’est pas en général celui des pics de concentration, qui surviennent en général au début de l’été :
- le taux maximum sur 24h a atteint 59 µg/m3 ; le seuil de protection de la végétation est à 65.
- le taux maximum sur 8h glissantes a atteint 97 µg/m3 pour un objectif de protection de la santé humaine de 110.
- le taux maximum sur 8h restant à 90 µg/m3 pour un seuil d’information de la population de 180.

Particules en suspension

L’étude n’est pas très bavarde à ce sujet. Elle fait principalement ressortir l’origine automobile de ce polluant par analyse des variations de concentration dans la journée.

Conclusions

L’étude menée est riche d’enseignements. On peut retenir notamment les points suivants :
- les polluants sont essentiellement liés au trafic automobile ;
- la densité observée est comparable à celle de comunes commes Colommiers ;
- les seuils relevés sont largement en dessous des normes fixées par la loi sur l’air de février 2002, à l’exception du taux d’ozone qui s’en rapproche.

l’APCVEB encourage la municipalité à reconduire périodiquement une telle campagne, par exemple tous les deux ans, en gardant la journée sans voiture comme point de référence au milieu de la campagne. En effet :
- connaitre l’évolution des concentrations est important alors que chacun observe l’augmentation du trafic dans notre commune ;
- la déplacement dans la semaine de la journée sans voiture, s’il est organisé par la municipalité, permettrait de connaitre l’influence réelle du trafic, en comparant cette journée à un jour ouvré et non à un dimanche ;
- une comparaison plus systématique des résultats obtenus entre les stations fixes et la station mobile permettrait une analyse plus fine des résultats.

Documents

Synthèse ORAMIP de la journée sans voiture 2002
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